Allaiter et travailler


Allaiter et travailler

Dernière mise à jour : 02/05/2019

 Commission aval maternel : "groupe de travail sur l'allaitement"

 

 

 

          1- Est-ce possible ?


OUI, car contrairement aux idées reçues travailler n'est pas synonyme de sevrage, cela nécessite une adaptation de l'organisation.

 

 

 

          2- Pourquoi continuer ?


C'est votre choix personnel et vous avez envie de maintenir ce lien particulier avec votre enfant.

Vous et votre enfant n'êtes pas forcément prêts au sevrage à la reprise du travail qui intervient souvent très tôt. Les tétées de retrouvailles permettront de retrouver ces moments privilégiés avec votre enfant.

 

Bien souvent, on entend qu'il est plus fatiguant d'allaiter. C'est surtout la reprise du travail avec un tout petit à s'occuper qui est difficile.

 

L'OMS recommande l'allaitement exclusif pendant 6 mois et l'introduction en temps voulu des aliments complémentaires adéquats, sûrs et correctement dispensés tout en poursuivant l'allaitement au sein jusqu'à l'âge de 2 ans ou plus.

 

a- Avantages pour la santé de l'enfant :

 

Le lait maternel est l'aliment de choix du nourrisson. Il est plus digeste et parfaitement adapté à ses besoins. Les bébés allaités sont globalement moins souvent malades, leurs affections sont moins graves et moins longues. Le risque d'allergies est moindre. Le lait réfrigéré ou congelé conserve ses propriétés spécifiques.

 

De plus, la protection contre certaines maladies est proportionnelle à la durée de l'allaitement.

 

Une diminution du risque de mort inattendue du nourrisson a été constatée avec l'allaitement.

 

L'allaitement influence légèrement le développement cognitif, en particulier pour l'enfant né prématuré. Le bénéfice augmente avec la durée de l'allaitement.

 

b- Avantage pour la santé de la mère :

  • La perte de poids et de la masse graisseuse est plus rapide et plus importante pour les femmes qui allaitent.
  • Le risque d'infections suivant l'accouchement diminue.
  • Il y a moins d'anémies dues au manque de fer (retour de couches plus tardif).
  • Le risque de cancer du sein et de l'ovaire diminue avec l'allaitement, d'autant plus que sa durée est longue.

 

c- Avantage pour l'employeur :

 

On constate moins d'absentéisme des parents (car moins de maladies pour l'enfant) lorsque l'enfant est allaité.

Moins de stress maternel donc plus de productivité et de stabilité des employées -> Economies à long terme.

 

d- Avantages économiques :


Ecologique, ressources renouvelables, pas de déchets.

 

L'allaitement représente une économie intéressante pour les foyers (500 à 1000 euros / 6 mois), d'autant plus que leur revenus sont modestes.

Pour la société, l'allaitement permet de faire des économies en matière de dépenses liées à la santé.


Liens utiles : Allaitement maternel, les bénéfices pour la santé et l'enfant et de sa mère

 


 

          3- A qui s'adresser et quand ?

 

Poursuivre l'allaitement à la reprise du travail s'anticipe.


Il est important de clarifier votre projet afin de pouvoir l'organiser et de vous donner les moyens d'y parvenir. Pour ce faire, il est important de vous adresser :

  • Aux professionnels formés à l'allaitement et aux associations de soutien (contacter les services de maternité, de PMI ou les professionnels libéraux) pendant la grossesse et après la naissance

 

  • Au moment de la recherche d'un mode d'accueil pour le bébé, à la direction de la structure d'accueil demandée ou à l'assistante maternelle.

 

  • A votre employeur afin de convenir avec lui des meilleures conditions possibles

 

 

 

          4- Comment continuer ?

 

 C'est possible, même avec des horaires de travail irréguliers.

 

a- Le principe :

  • Ne pas commencer à sevrer à l'avance, ni à introduire de biberons en particulier avant l'âge de 2 mois.
  • Apprendre à tirer votre lait, savoir le manipuler (conservation, réchauffage, transport...)
  • Utiliser de préférence un tire-lait double pompage, qui permet une expérience plus rapide et plus efficace, 10 min suffisent. (Cf. article sur le tire-lait)
  • Faire des stocks le mois qui précède la reprise du travail en tirant votre lait régulièrement, après une tétée ou entre 2 tétées. Le soir est à éviter (tétées plus courtes et rapprochées).
  • Prévenir l'assistante maternelle, l'équipe de la crèche, pour qu'elles deviennent vos alliées et leur apporter juste avant le début de l'accueil des biberons prêts à congeler dans un sac isotherme ou une glacière avec des packs de glace. Les petits conditionnements sont conseillés dans un premier temps (60 à 120 ml). Les quantités seront ajustées ensuite.

 

b- Ce qui va vous aider :

  • Reprendre le travail le plus tard possible. L'idéal est après 4 mois : meilleure adaptation des seins à une demande irrégulière.
  • Temps partiel et/ou horaires flexibles.
  • Mode de garde proche du lieu de travail, pour diminuer le temps de séparation et permettre si possible de donner une tétée pendant votre pause.
  • Possibilité de tirer votre lait sur votre lieu de travail, 1 à 2 fois par jour.
  • Lorsque vous êtes ensemble, favoriser l'allaitement à la demande, le plus souvent possible pour stimuler la lactation. Il est possible que votre enfant demande de nouveau à téter la nuit.
  • Entourage favorable et aidant (famille, collègues de travail, assistante maternelle ou équipe de la crèche, associations de soutien).

 

c- En pratique :

  • Si vous exprimer votre lait sur votre lieu de travail :

Préparez un environnement favorable et pensez à vous munir d'un objet évocateur de votre enfant (photo, musique...)

Exprimez le lait si possible aux heures de tétées habituelles et stockez-le dans un réfrigérateur.

 

  • Si votre enfant refuse le biberon :

C'est souvent transitoire et cela passe en quelques jours. Votre enfant "se rattrapera" le soir et la nuit.

La personne qui s'occupe de votre bébé peut lui proposer le biberon de façon différente, en le laissant prendre lui-même la tétine, ou en adaptant sa position : assis dos contre l'adulte, ou dans un transat en face à face... Donner le biberon en marchant, en berçant le bébé, ...

Si le refus dure dans le temps, on peut lui proposer le lait à la tasse ou à la cuillère, qu'il va laper (pour les plus jeunes).

Si votre enfant est plus grand (plus de 4 mois), il pourra prendre un repas diversifié à la place et tètera à votre retour.

 

  • Si vous ne pouvez pas exprimer votre lait sur votre lieu de travail :

Pour que la lactation puisse être maintenue de façon suffisante, il faudra proposer le sein le plus souvent possible, le matin, le soir, la nuit et les jours de repos...

Des fuites de lait, voire un engorgement peuvent se produire dans les premiers jours. Il sera alors nécessaire pour un meilleur confort d'exprimer un peu de lait. Le massage manuel est le moyen le plus simple. Il est indispensable de savoir le réaliser. Le corps s'adapte vite à ce nouveau rythme et la gêne diminue rapidement.

Selon l'âge de votre enfant, il pourra recevoir des substituts de lait maternel ou bien une alimentation diversifiée pendant les temps d'accueil.

 

Lien utiles : Comment bien recueillir, conserver et transporter le lait maternel en toute sécurité le lait   Concilier allaitement et travail, Cofam

 


 

 

          5- La législation française :

 

Il existe plusieurs dispositions destinées à faciliter l'allaitement pour les mères qui reprennent leur emploi à l'issue du congé de maternité.

Il faut distinguer la situation des salariées du privé et des agents de la fonction publique.

 

a- Pour les salariées du privé :

 

Il est prévu dans le code du travail des dispositions permettant aux mères d'allaiter leur enfant lors de la reprise du travail (article L.1225-30 à L.1225-33 et R.1225-7).

En effet, l'article L.1225-30 du Code du travail prévoit que "pendant une année à compter du jour de la naissance, la salariée allaitant son enfant dispose à cet effet d'une heure par jour durant les heures de travail".

L'article R1225-5 du code précise que cette heure est "répartie en deux périodes de trente minutes, l'une pendant le travail du matin, l'autre pendant l'après-midi. Le moment où le travail est arrêté pour l'allaitement est déterminé par accord entre les intéressées et leurs employeurs. A défaut d'accord, il est placé en milieu de chaque demi-journée de travail."

 

Enfin l'article R1225-6 réduit la période de 30 minutes à 20 minutes lorsque l'employeur met à la disposition des salariées, à l'intérieur ou à proximité des locaux affectés au travail, un local dédié à l'allaitement.

 

Les caractéristiques du local dédié à l'allaitement figurent aux articles R.4152-13 et suivants du code du travail.

 

Vous trouverez ci-joint le lien de la page du site "service -public.fr" qui traite de ce sujet. Vous pourrez consulter en ligne les articles du code du travail cités en référence :

 

http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1769.xhtml

 

b- Pour les salariées de la Fonction Publique :

 

La question de l'aménagement du temps de travail pour assurer l'allaitement au retour du congé de maternité pour les agents de la fonction publique territoriale ou d'Etat est reprise dans la circulaire FP/4 n° 1864 du 9 août 1995 (confirmant les dispositions de l'instruction n° 7 du 23 mars 1950) relative au congé de maternité ou d'adoption et aux autorisations d'absence liées à la naissance pour les fonctionnaires et agents de l'Etat.

 

http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2009/04/cir_2723.pdf

 

Ces dispositions prévoient "qu'il n'est pas possible, en l'absence de dispositions particulières, d'accorder d'autorisations spéciales aux mères allaitant leurs enfants, tant en raison de la durée de la période d'allaitement que de la fréquence des absences nécessaires. Toutefois, les administrations possédant une organisation matérielle appropriée à la garde des enfants devront accorder aux mères la possibilité d'allaiter leur enfant. A l'instar de la pratique suivie dans certaines entreprises, les intéressées bénéficieront d'autorisations d'absence, dans la limite d'une heure par jour à prendre en deux fois." La circulaire précitée précise cependant que des facilités de service peuvent être accordées aux mères en raison de la proximité du lieu où se trouve l'enfant (crèche, domicile voisin, etc.)

 

La demande est donc à déposer auprès du chef de service, qui en accord avec la DDRHRS, accèdera ou non à votre demande d'aménagement du temps de travail pour allaitement, en considération d'éléments géographiques (proximité du lieu où se trouve l'enfant) mais aussi en fonction des nécessités du service et de l'organisation du service concerné.

 

A noter qu'il s'agit d'un aménagement du temps de travail, les pauses pour allaitement ne sont pas considérées comme du temps de travail effectif.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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