Allaitement maternel


Prématurité et allaitement

Dernière mise à jour : 12/03/2015

Commission aval maternel : "groupe de travail sur l'allaitement"

 

  • Qu’est-ce qu’un enfant né prématurément ?

Un bébé est prématuré lorsqu’il naît avant 37 semaines d’aménorrhée (fin du 8ème mois de grossesse).

S’il nait avant 36 SA (semaines d’aménorrhée), il devra être hospitalisé en néonatologie où se feront soins et surveillance. Cette séparation initiale ainsi que l’immaturité alimentaire de l’enfant nécessitent un aménagement de l’alimentation, notamment si vous souhaitez l’allaiter.

  • Peut-on allaiter un enfant né prématuré ?

L’allaitement maternel est possible à tout terme.

Le lait maternel a une valeur inestimable pour votre bébé né prématuré. D’une part, il apporte ce qu’il faut comme nutriments, facilite la digestion et le protège contre certaines infections, notamment digestives. D’autre part, la composition de votre lait est spécifiquement adaptée à votre enfant et évolue au cours des semaines. Si vous décidez d’allaiter, vous continuerez à lui apporter la protection dont il a grand besoin.

Vous devrez cependant stimuler votre lactation et recueillir votre lait en attendant que votre bébé soit autonome sur le plan alimentaire, cette autonomie survenant dans un délai variable (quelques jours à quelques semaines) en fonction du degré de prématurité. Votre montée de lait se fera dans les jours qui suivent l’accouchement, comme pour un enfant né à terme, et les mises au sein seront proposées à votre bébé en fonction de son état de santé et sa capacité à téter.

  • Comment allaiter un enfant né prématurément ?

Dans les suites de l’accouchement :

Il est conseillé de commencer à exprimer le lait le plus tôt possible après la naissance en utilisant un tire-lait électrique à double pompage : exprimer le lait des deux côtés en même temps permet souvent d’avoir plus de lait tout en y consacrant moins de temps.

Pendant les trois à quatre premiers jours, il est tout à fait normal de n’exprimer que quelques gouttes de lait. La plupart des mères auront besoin d’exprimer leur lait au moins 6 à 8 fois par 24 heures, y compris une fois la nuit. Les séances d’expression durent environ ¼ d’heure au début.

Favorisez le contact peau à peau le plus tôt possible et sans limitation avec votre bébé. Cela est possible dès que l’enfant montre une stabilité physiologique suffisante, même s’il est encore sous assistance respiratoire. En plus des nombreux avantages démontrés pour le bébé, le peau à peau permet d’augmenter la production de lait et est associé à une durée d’allaitement plus longue ; ce soin facilite également l’établissement de liens affectifs. Pour l’enfant né prématuré, c’est une « mise en situation » qui va lui permettre de manifester son comportement inné de recherche du sein ; chaque séance de peau à peau constitue un prélude, un apprivoisement aux premières tétées, et les bébés qui ont fait beaucoup de peau à peau tètent plus tôt.

Pendant le séjour

Il est important de vous donner toutes les facilités pour exprimer votre lait :

Afin d’exprimer votre lait souvent, il est recommandé de le faire à votre domicile, mais aussi dans le service de néonatologie à proximité de votre enfant, car tout ce qui permet d’être en relation avec le bébé aide le lait à couler. Des études ont montré que des massages prolongés des seins avant l’expression, l’écoute de cassettes de relaxation, la rédaction d’un journal de bord avec photo du bébé, le portage en peau à peau sont autant de moyens à utiliser pour optimiser la production de lait.

Il est également utile d’établir un relevé des séances de tire-lait et des volumes de lait obtenus.  Demandez aux soignants s’il existe un journal de lactation dans l’unité de soins.

Pour un enfant de faible poids de naissance, les volumes exprimés dépasseront souvent rapidement ses besoins nutritionnels initiaux. Si votre objectif est de nourrir votre enfant au sein au retour à la maison, il est important d’essayer d’obtenir aussi vite que possible (2-3ème semaine) un volume de lait correspondant au moins aux besoins de l’enfant au moment probable du retour à la maison (>500 ml/24 h).

En cas de production de lait insuffisante par rapport à vos objectifs, il est nécessaire de revoir avec un professionnel de l’allaitement les modalités d’utilisation du tire-lait, de vérifier si la taille des téterelles est optimale (des téterelles trop étroites peuvent être source de douleurs, mais aussi, et indépendamment, gêner l’écoulement du lait), de mettre en place tous les moyens cités plus haut qui permettent d’obtenir plus de lait (peau à peau, etc.), et généralement d’augmenter la fréquence des expressions, en évitant surtout de laisser les seins au repos pendant de longues plages horaires, notamment la nuit.  

  • Une fois recueilli que fait-on de mon lait ?

La collecte et la conservation du lait maternel à l’hôpital diffèrent de celles recommandées aux mères d’un bébé né à terme au retour à la maison.

Nous bénéficions en Bourgogne d’un lactarium localisé au CHU de Dijon, qui collecte le lait maternel pour la région, le pasteurise et le redistribue au fur et à mesure des besoins des bébés, y compris lorsque les enfants sont hospitalisés hors de Dijon. Si vous donnez votre lait au lactarium, il sera réservé à votre bébé.

Votre lait peut également être donné cru (fraichement recueilli, sans passage au lactarium) sous certaines conditions.

Rapprochez vous de l’équipe hospitalière pour connaître les procédures à respecter.  

  • Quand puis-je mettre mon bébé au sein ?

- Commencer les premières « tétées » au sein dans des conditions optimales.La réponse sera individualisée : ni l’âge gestationnel, ni le poids, ni la capacité à prendre un biberon ne devraient être utilisés comme critères pour démarrer les tétées au sein : il n’y a pas d’âge pour débuter, le plus tôt est toujours le mieux. Un facteur essentiel, c’est la stabilité physiologique de votre enfant.

- Observez les signaux comportementaux de votre bébé pour proposer le sein dès son éveil :

Vous apprendrez à reconnaitre les petits signes qui montrent que votre bébé est disposé à téter. Il est en effet essentiel de comprendre la manière dont l’enfant communique par son comportement sur son état de bien-être (signes d’approche, par exemple mouvements de succion, attitudes en flexion, mains au visage, etc.) ou bien sur son état de fatigue ou de désorganisation (signes de retrait, par exemple détournement du regard, trémulations, extension motrice, bâillement, hoquet, pâleur, etc.). Vous identifierez les moments où votre enfant peut supporter d’être stimulé et encouragé à téter, et les moments où il a besoin de récupérer. C’est fondamental pour que l’apprentissage du bébé au sein se déroule dans des conditions qui lui permettent de progresser en toute sécurité.

Vous, parents, êtes les acteurs essentiels du développement de votre enfant. Votre présence dans l’unité est importante ainsi que votre participation aux soins en particulier dans tous les aspects concernant l’alimentation de votre enfant.

Bien des bébés de 1500g ou plus sont capables de téter. Malgré tout, l’obtention d’une production de lait largement supérieure aux besoins de votre enfant est un facteur clé de la transition de l’alimentation par sonde à la tétée directe au sein. 

- Permettre la transition d’une alimentation programmée à un allaitement au sein à la demande

Quand l’observation des tétées montre que l’enfant commence à prendre du lait au sein et seulement à ce moment-là, l’une des stratégies de prise en charge consiste à mesurer les quantités de lait absorbées en pesant l’enfant avant et après chaque tétée. Cela permet de vérifier l’efficacité de la tétée. Si les quantités de lait absorbées restent  modestes, la tétée sera complétée par du lait donné selon un autre mode (sonde gastrique, biberon, succion au doigt, dispositif d’aide à l’allaitement).

-  Aider votre bébé né prématurément à téter efficacement peut prendre un certain temps. Faites preuve de patience.

- Quelle est la place des méthodes alternatives : biberon ou autres ?

Si votre bébé est né prématurément, le passage par des méthodes alternatives au sein est inévitable. Ces méthodes alternatives sont adaptées aux besoins et aux capacités individuelles de chaque enfant : biberon, alimentation par sonde, à la tasse, au doigt ou encore à l’aide d’un Dispositif d’Aide à l’Allaitement (DAL : sonde placée sur le sein permettant d’augmenter le débit et donc le transfert de lait chez un bébé capable de prendre le sein et de s’y maintenir).Il reste plus facile pour certains bébés de boire au biberon (flot de lait rapide) plutôt qu’au sein surtout si la production de lait maternelle n’est pas très importante. Pour la transition vers un allaitement au sein, votre présence auprès de votre enfant et votre persévérance seront essentielles. 

  • Préparez la sortie :

Avant le retour à la maison, il est important que vous puissiez venir passez une ou plusieurs nuits en chambre mère-enfant pour vous aider  à prendre confiance. Les modalités du suivi de votre enfant après sa sortie de l’hôpital seront organisées : accès à des conseils téléphoniques, visites à domicile ou  consultations spécialisées en allaitement, lien avec la puéricultrice de PMI (Protection Maternelle et Infantile).

Il n’est pas toujours facile de rentrer à la maison avec un bébé parfois encore très jeune et petit. N’abandonnez pas le tire-lait trop vite, afin de maintenir la lactation à un niveau suffisant et faciliter ainsi le transfert de lait du sein à votre enfant. N’hésitez pas à prendre contact avec des associations de soutien à l’allaitement.

 

 

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